Just a Clean Getaway...

Just a Clean Getaway...
Oui, après une longue absence nécéssaire pour remettre certaines idées en place je suis bel et bien de retour pour de bon! Et comme j'ai disparu ces temps ci... je m'amuse au fantôme sur mon blog... Surligne le nouvel article pour le découvrir...



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[ Fond sonore obligatoire ici ]



C'est arrivé il y a plusieurs mois...

Je marchais tranquillement au petit matin,
Le soleil ne s'était pas encore levé,
Seule une brise légère flottait dans mes cheveux, contre ma joue...
Les restes d'alcool d'une soirée suffisamment arrosée présents dans les veines,
Mon meilleur ami marchait à mes côtés,
Et je suivais le mouvement...

J'avais passé la nuit en boite,
A enfiler les shooters de boissons en tout genre,
A danser comme si de rien n'était,
A aborder un tas de garçons mignons.
A ressentir les lèvres de certains sur les miennes.
Pourtant quelque chose clochait ce soir là.

Etait ce le fait que je venais tout juste de fêter mes 22 ans ?
Etait ce le fait que deux mois plus tôt je venais de rompre d'un homme avec lequel j'avais vécu pendant un an et demi ?

Quoiqu'il en soit, un charmant jeune homme s'est assis au bar en ma compagnie.
Voyant mon effarante addiction du moment pour les shooters de vodka, bailey, rhum et autres,
Il commanda une tournée...
J'eu droit à un large sourire de sa part...
Un clin d'½il...

Quatre petits verres se posèrent alors devant moi comme par magie.
Instinctivement je lève mon verre à la bouche,
Il m'arrête en plein vol pour trinquer.

« Plus l'habitude de boire à deux ? »

Traduction,
« Es tu seul et voudrais tu éventuellement coucher avec moi toute la nuit ? »

Je lui réponds que j'ai une « préférence pour la solitude » en ce moment.
Il me bombarde des questions d'usage

Quel est mon métier ?
Quel est mon Age ?
D'où vient exactement cet accent si prononcé ?
Qu'est ce que je viens faire sur Lyon ?
Comment se fait il que je sois célibataire ?
Qu'est ce qui n'a pas marché ?
Qu'est ce que je recherche ?

Légèrement irrité par un questionnaire digne de la gestapo des gays,
Je me contente d'avaler un à un les shooters,
Seule réponse valable à un tel méandre social.

L'inconnu ne lache pourtant pas le morceau et même pire,
Revient à la charge.
Alors que j'avale la gorgée de mon dernier verre,
Je pointe mon index face à son visage pour le faire taire.
Le rhum irradie ma gorge...

Je regarde le fond du petit verre,
Et pose une question.

« Pourquoi tout ça ? Hormis le fait que tu veuilles coucher avec moi ?»
En finissant cette phrase je savais que le lendemain en y repensant je me maudirais fort probablement.

Il me fait signe qu'il ne comprend pas.

« Je m'explique. Pourquoi toutes ces questions ? Pourquoi vouloir faire semblant d'apprendre à me connaître, de pleurer sur mes petites peines... Bientôt tu vas m'offrir ton épaule... puis tu me demanderas si c'est chez toi ou chez moi ?»

Silence.

« Et si jamais j'étais un mec réglo et que je puisse te rendre heureux ? »
me répond il

Silence de ma part.

« Alors c'est moi qui te repousserait, c'est moi qui te ferait du mal. Parce que c'est comme ça que les choses marchent peu importe combien de temps les gens restent ensemble... Merci pour les verres.»

Je me suis levé, ai passé une main sur sa joue, rejoint Matt, et suis parti.

J'ai repensé à cette discussion tout le trajet du retour,
Et cette brise... qui a son tour me caressait le visage...
Alors que Maria Taylor chantait « Clean getaway » dans mon oreille gauche,
Matt me parlait à l'oreille droite de son nouveau copain,
De combien les débuts de relation étaient bizarres,
A jamais savoir ou ça nous mène.

Et j'ai commencé à lui faire part de mon point de vue.

Pourquoi les choses doivent elles forcement mener quelque part ?
Pourquoi est ce que l'on admet pas enfin que le schéma principal d'une relation réside en la rencontre de l'autre, l'addiction, la dépendance, puis la douleur, la tromperie, et la séparation qui suit la majeure partie du temps ?
Pourquoi chez nous les gay la fidélité est elle un terme si peu marqué ?
Est-ce de même chez les hétéros mais caché sous l'hypocrisie du mariage et de l'engagement ?
Est-ce que finalement l'amour, comme je l'entends naïvement, existe vraiment ?
Est-ce que je n'idéalise pas trop ?
Est-ce que l'on n'idéalise pas tous ?
Est-ce que le fait justement d'idéaliser, me pousse à détruire toutes mes relations ?
Est-ce juste de faire du mal à l'autre ?
Pourquoi vouloir souffrir ?
Pourquoi avoir cette foutue pulsion sadomasochiste ?
Pourquoi s'évertuer à se briser le c½ur ?
Pourquoi ça fait si mal ?

A quoi bon ?
A quoi bon ?
A quoi bon ?
A quoi bon ?
A quoi bon ?

Subitement, alors que la chanson en mode repeat se mit à monter en puissance et l'alcool aidant,
Je me suis senti si triste...
Si vide à l'intérieur ...
L'impression de n'être rien de plus qu'une simple coquille vide...
Les paroles me firent penser à ce garçon au bar

"I met someone at the bar.
He had a great smile and a great heart.
He felt just like love.
"

Je revoyais son visage , stupéfait par mon discours.
Comme si penser ça était une franchise inacceptable.

Mes larmes se mirent alors à couler,
Je m'exclamais « oh non ... » en essayant par fierté de m'essuyer les yeux et de garder une contenance... en vain...

Matt se stoppa net, me regarda, il su lire en moi comme il l'a toujours fait...il s'est approché...et me pris enfin de toutes ses forces dans ses bras...

Je suis devenu si vulnérable... je crus mourir... mais je savais que j'étais entre de bonnes mains... alors je me suis laissé aller... nous nous sommes doucement assis sur le trottoir... moi contre lui... sa main dans la mienne... ma tête contre son épaule... Avec un seul mot à la bouche... « Pourquoi ? »... Et une seule réponse dans la sienne... « Je ne sais pas... »

C'est à ce moment précis que j'ai réalisé que non seulement Matthieu était probablement le seul homme incapable de me faire du mal...
Mais également ... que je venais tout juste de perdre (définitivement ?) foi en l'amour...
ou tout du moins... en sa pérénité...

Et Maria Taylor chantait toujours.
Elle chantait toujours cette incroyable chanson.
Devenue alors l'hymne de cette nuit,
L'hymne de ce douloureux moment de révélation...
Inoubliable...

I finally made it.
I made a clean getaway.
I finally made it.
I made a clean getaway.
And I miss you,
I miss you every single day.



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# Posté le dimanche 28 juin 2009 13:02

...La Pâte A Gâteau ...

...La Pâte A Gâteau ...
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« J'ai toujours cru qu'il y avait un truc qui clochait chez moi, toutes mes histoires finissaient mal, mais je pense avoir compris pourquoi. »

« Parce que tu es l'élue ? »

« Non... c'est... parce que... Voilà... je suis de la pâte à gâteau !»

« ... »

« Et je n'ai pas encore finie de cuire, je n'ai pas... finie de devenir ce a quoi j'étais destinée de devenir en venant au monde ! Je me dis que si j'arrive à survivre à cette épreuve... et a celle d'après... et ainsi de suite... peut être qu'un jour je finirais par me rendre compte que... je suis cuite. Je serais un gâteau ! Quand ce jour viendra... quand quelqu'un voudra me mang... heu... savourer le délicieux gâteau que je serais devenue... ce sera génial... ce sera plus tard... quand je serais prête. [...] Mais ça risque de prendre du temps...»

« J'ai l'éternité devant moi... »


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Parce que parfois, certaines scènes me sont étrangement familières...

# Posté le vendredi 22 mai 2009 16:58

" Le sang se lave avec des larmes et non avec du sang. " [Victor Hugo]

          " Le sang se lave avec des larmes et non avec du  sang. "   [Victor Hugo]
Tout avait commencé comme une journée « banale »...

C'est toujours le cas d'ailleurs dans ces situations...
Le calme avant la tempête.

J'avais pris la relève à 6h30,
A peine réveillé,
Les yeux encore dans le coton,
L'esprit embrumé.

Les odeurs de café emplissent la salle de repos.
J'en savoure chaque arôme,
En priant pour me réveiller.

Je me rappelle avoir chahuté avec les collègues de nuit.
Quelques rires, blagues retentirent dans les longs couloirs blancs et vides de mon service.
Pas un chat.
Le soleil se levait peu à peu.

Puis...

Survint ce fameux son qui constitue désormais mes journées.

Celui du sas d'entrée signifiant que les affaires reprennent. Ma collègue aide soignante et moi-même nous installons tranquillement derrière les portes coulissantes. Je respire un coup, deux – trois petites claques sur le visage pour me reveiller un peu, un baillement bruyant, et j'appuie sur le bouton d'ouverture.

La longue porte coulisse et nous fait découvrir un brancard entouré par le Samu.
Ouille... Samu = Pas bon.
Un homme est allongé sur le brancard,
Le visage et les habits en sang...

L'infirmiere du samu appuyant très fort sur son cou pendant que ce dernier crachotte du sang.

L'homme me regarde d'un air terrifié. Une civile assez jeune l'accompagne. Elle pleure, hurle, tousse, se tient le visage dans les mains.

Les informations fusent alors. On me donne des dossiers, des résultats sanguins. Je me penche dessus, et tente de respirer normalement. Il vient d'un service de cancérologie... Tumeur du cou...

38 ans, opéré il y a un mois. Et cette nuit s'est réveillé après une infernale douleur et aurait vomi dans le lit un demi litre de sang. Le problème dans ce genre d'opérations c'est que la carotide ne se trouve pas loin, le risque est qu'elle soit touchée, fissurée, atteinte. Et, d'un jour à l'autre se sectionne entraînant alors une grave hémorragie interne.

J'enfile mes gants et me précipite au lit de mon patient pour relayer ma collègue par rapport à la pression au niveau du cou. L'hémorragie semble s'être stoppée dès l'arrivée. Le patient est quand à lui d'une pâleur morbide, mais calme, il respire convenablement. Il possède une trachéotomie. Ce qui n'arrange rien concernant la communication. Il ne peut me répondre que par gestes ou clignements d'½il. Sa compagne est dans tous ses états. L'aide soignante qui travaille à mes côtés se rue vers elle afin de la rassurer. Elle l'éloigne et la dirige vers la salle d'attente histoire de pouvoir déplacer la crise et favoriser un maximum de calme possible.

Je prélève un bilan sanguin afin de pouvoir évaluer l'anémie et le niveau de sang perdu. Les analyses sont correctes. Le patient a bien evidemment perdu beaucoup de sang mais le supporte bien. Je l'installe en boxe et le branche au scope. Ce qui va prévaloir c'est de surveiller l'évolution clinique, si son état, ses constantes vitales sont stables ou pas.

Une fois propre et présentable, nous faisons rentrer sa dame. Je tente du mieux que je peux de les rassurer tous les deux. Mais compte tenu de la situation c'est extrêmement difficile. Cependant, Lui semble bien se porter. A-t-il mal ? A-t-il peur ? A-t-il besoin de quelque chose ?

A toutes ces questions il me répond par un pouce levé au ciel pour me faire comprendre qu'il va bien. Je suis surpris, mine de rien, il reste extrêmement calme et serein. Ce qui n'est définitivement pas le cas de sa compagne. Alors que cette derniere sort pour aller boire un café je lui fais remarquer ma pensée. Il éclate de rire. Un rire silencieux... mais si beau à la fois... Je lui laisse la sonnette à disposition, puis sort du boxe en promettant de revenir le plus vite possible.

Dehors, sa compagne est assise au sol, contre le mur, son café à la main. Une main dans ses cheveux... Elle pleure toutes les larmes de son corps. Et les brancardiers, les médecins passent... Sans la voir. Je me pose à ses cotés, pose une main sur son épaule et lui explique que la crise semble être passée. On attend le chirurgien pour envisager d'opérer. Mais l'hémorragie est maintenant sous contrôle.

Elle me regarde... Et dans les larmes, sa langue se délie... D'un discours que je n'oublierai jamais.




« Je suis épuisée... si fatiguée par tout ça. Si vous saviez le nombre de fois ou j'ai failli le perdre ! Du jour au lendemain on diagnostique cette saloperie à l'homme que vous aimez et chaque jours qui passent... chaque foutus jours qui passent vous espérez qu'il ne meure pas dans vos bras. Vous espérez que le conte de fée que vous viviez jusqu'alors connaisse une fin heureuse. J'ai si peur de le perdre. Je veux me battre pour lui. Mais je suis épuisée. Si je le perds lui... Je perds... tout... »




Je sens chaque particule de mon corps se révolter, mon sang et ma respiration se stoppent, le sol s'ouvre... Ma gorge se noue... Mon c½ur se pince...
L'image de cette femme amoureuse... Profondément et sincèrement amoureuse de l'homme de sa vie, celui qu'elle juge être « le bon »... Cette image s'ancre à jamais en moi.

Je tente de la rassurer du mieux que je peux, mais mes mots sonnent dans le vide. Et je me sens... désarmé. Désarmé par cette femme, cette peine immense... Le médecin arrive alors et prend le relais. Je me retire et tente de souffler un peu. De reprendre une contenance.

La journée passe, tous les quarts d'heure je viens surveiller mon fameux patient. Accueilli avec un petit sourire. Je les revois encore. Elle à son chevet, lui tenant la main... Et ce regard... ce regard qui veut tout dire... Qui veut dire qu'elle l'aime à en crever, qu'elle est prête à tout affronter... qu'elle est là pour lui... quoiqu'il arrive...

La journée continue donc...

Jusqu'à cet atroce moment... Je faisais une surveillance chez une petite mamie lorsque je l'ai entendue... Un cri d'effroi à vous pétrifier le sang. J'ai tout laissé en plan. Je suis sorti en courant dans le couloir.

Elle était là. A hurler pour de l'aide.


« Ca recommence ! Ca recommence ! » Hurlait elle.


Ni une ni deux je rentre dans le boxe et découvre mon patient entrain de vomir des litres de sang.


« Je l'ai fait rire... mon dieu... il a toussé... et... et... dans l'éffort de toux... ça a ... ça a recommencé... Je l'ai fait rire ! » s'exclame t elle en pleurs.


J'applique une pression forte d'une main au niveau du cou. Il me regarde. Les yeux pleins de larme. Sa main s'agrippe à la mienne. Il fait signe à sa femme de s'en aller. Elle s'exécute et part chercher le médecin. Sa saturation en oxygène chute, Je lui pose les lunettes à O2 plein pot (craignant que le masque l'étouffe un peu plus).

Il s'accroche de plus en plus à moi, me serre de toute sa force. Toujours ce regard qui me tue littéralement... Et dans un second effort de toux, un geyser de sang m'explose dessus. Je suis couvert d'hémoglobine de la tête au pied, Choqué... Lui continue de pleurer et de pousser des cris. Petit à petit il s'étouffe. Son visage se crispe. Ses yeux se révulsent. Sa bouche se rempli de sang à une vitesse folle. Des caillots énormes se répandent sur les draps, le sol, moi... La cavalerie arrive alors.

Le médecin l'ausculte, une collègue infirmière me remplace au cou, l'aide soignante dépose une bassine qu'il ne tarde pas à remplir. J'attrape l'aspiration murale, et commence à aspirer le sang et les caillots. Mon propre sang bat a plein pot dans mes tempes. Je me retiens de respirer... Ne pas réfléchir, ne pas réfléchir, ne pas réfléchir... oublie son regard suppliant, oublie sa femme, oublie les cris, oublie ce que tu ressens... Agis Flo.

L'adrénaline m'aide à garder le contrôle.

Sa femme apparaît par l'entre bâillement de la porte, elle se lance vers son mari. Lui déclare son amour d'une manière tragique... magnifique. Elle lui serre la main. Est très vite repoussée par le médecin qui lui explique que l'on a besoin qu'elle sorte. On commence à pousser le brancard vers le service de déchoquage. Arrivé devant l'ascenseur l'homme nous claque entre les doigts... il s'enfonce... Puis...

Arrêt cardiaque...

La médecin monte sur le lit et commence le massage. On revient dans le boxe. Je sors le kit d'intubation et le donne à l'interne qui semble aussi perdu que nous tous. Le sang continue de gicler à flot. Le corps de mon patient s'élève dans les airs en rythme avec la pression exercée sur sa poitrine.

Un « bip » retentit alors... Nous signalant que nous l'avons récupéré. Ses yeux clignent à peine. L'intubation est difficile. On doit s'y reprendre à plusieurs fois. Son c½ur lache alors à nouveau...

Les murs se peignent petit à petit de rouge.

Je suis trempé, le sol est une mare, mais je n'y fais plus attention. Le défibrillateur se charge, se pose sur ses pectoraux, et décharge tout son plein.

Une fois...

Deux fois...

et le « bip » retentit de nouveau... Bon sang... Bats toi...

Le chef du déchocage vient en personne et décide de le transférer le plus rapidement possible. On pousse le brancard jusque là bas, non sans mal une fois de plus. Une fois arrivé sur place, toute une équipe nous attends. Je saisis un plateau tout prêt, et pose une seconde voie veineuse dans son bras. Je fais les transmissions à ma collègue. Tout se passe très vite. Les portes battantes s'ouvrent, emportent mon patient puis se referment...


Me laissant seul...


Je remonte l'étage d'un pas lourd. Du sang perle jusqu'au sol. Je déambule dans le couloir. A moitié présent. Je rejoins le fameux boxe... Tout ce sang... Des draps partout... la bassine... les emballages des produits...Tout ce chaos... Mes jambes commencent à flageoler, la pression retombe d'un coup, le mode « robot » s'évanouit...


Je réalise ce qui vient réellement de se passer...


Je m'adosse au mur... Et me laisse doucement glisser au sol... Je suis trempé...je ne ressemble à rien...Je fixe cette immense étendue de sang... stoïque...

Je reste là quelque temps...

Puis la voix des médecins retentit dans le couloir... A l'attention de la compagne... Elle pose énormément de questions en l'espace de trente secondes... Un silence passe... elle laisse échapper un ...

« Oh non... »...

Les médecins annoncent le décès...


Un hurlement retentit...


celui qui vient des tripes...

du c½ur...

de tout son être...

et toute la peine qui s'en suit...




Je me relève... me dirige au fond du service... mes collègues me regardent ensanglanté... désolés à leur tour... Je crois qu'ils m'ont parlé... ont du vouloir dire quelque chose de réconfortant. Je continue mon chemin jusqu'aux vestiaires. J'enlève le haut de ma blouse. La jette au sol. Puis mon pantalon. Ouvre la porte de la douche. Tourne le robinet. Et me plonge sous l'eau chaude. Je la laisse parcourir tout mon corps. Me nettoyer de tout ça. Dans un moment de faiblesse tout me revient. Les nerfs lachent. Mes larmes apparaissent... Et je pleure un bon coup... A l'abris des regards. Et cette eau qui continue de couler... de me « purifier »...

J'attrape la serviette, m'éssuit... Saisi une nouvelle tenue que j'enfile... Mes cheveux sont toujours mouillés... mais cette fois propres... Je respire un bon coup... Ma main tourne la poignée de la porte. Ma collègue m'attend dehors. Me regarde un sourire plein de compassion, appose sa main sur mon épaule. Pas un mot ne sera échangé. Il n'y a rien à dire. La sonnette du sas d'entrée retentit une nouvelle fois. Nous rappelant qu'ici on a jamais de trêves.


« Prêt pour la suite ? »

Dans un soupir, ma voix se casse dans les airs.

« Oui... ».



A la mémoire de cet homme et cette femme que je n'oublierais jamais...


# Posté le lundi 11 mai 2009 09:47

..:: " I Had A Dream Last Night " ::..

..:: " I Had A Dream Last Night " ::..
J'ai ouvert les yeux.

L'air sentait bon, l'atmosphère était enfin respirable. Mes yeux sont encore endoloris et lourds. Je m'étends dans notre lit. La couette blanche est lisse et douce.
Je baille puis m'étire de tout mon long, le visage encore lové dans mon énorme coussin. Il fait doux, il fait bon. Tous mes sens se réveillent alors, mes yeux peuvent enfin voir l'immense chambre dans laquelle je me trouve, des murs aux couleurs chaudes, des placards muraux coulissants, une table de chevet, une glace, des bougies, quelques photos des proches, un réveil qui affiche qu'il est encore trop tôt pour ma pauvre conscience.

Puis c'est au tour de mon odorat, je respire une odeur mêlée d'embrun, de fruité, de sauvage... C'est le second coussin qui gît à mes côtés, je passe la main délicatement dessus, puis... souris.

Mes oreilles écoutent le doux bruit de l'eau qui coule depuis la douche, je peux entendre ses mains shampooiner ses cheveux avec ardeur... Puis le bruit de sa brosse à dent résonnant dans son palais... La pression exercée sur le bouton du parfum. A deux reprise. Je l'entends siffloter par l'entrebâillement de la porte qui se trouve au fond de notre chambre, celle de notre salle de bain conjugale. Ses pas sur le sol, la vapeur qui entoure tout son corps, une serviette sur sa taille, il s'assoit à mes côtés, la lumière de la salle de bain me fait pousser un léger grognement qui lui décroche un sourire colgate, le sadique... Comme pour se faire pardonner il passe délicatement ses doigts dans mes cheveux, sait il que je suis déjà au nirvana ?

Il s'approche discrètement de mon oreille et sa voix suave et virile me susurre un : « il est temps de se lever amour » auquel je ne répondrais que par un « chut » en apposant délicatement mon index gauche sur ses belles lèvres. Je remarque alors ce qui trône sur mon annulaire. Un anneau lisse en argent. Sa main gauche saisit mon poignet et je peux constater que le même magnifique et simple anneau est également logé sur son annulaire. Il m'attire vers lui, je sens son souffle chaud sur mon cou, mes mains glissent le long de ses bras musclés, et cette voix ... « J'ai épousé une véritable marmotte ». Je grimace. Il a tellement raison cependant. Dans une étreinte il appose un long et langoureux baiser. Je me sens frémir, je me sens faible, mes muscles se détendent tous, je suis en paix, je m'abandonne complètement à lui... Je suis « sien »...

Il m'ordonne d'aller à la douche, je lui réplique que je suis d'accord à la seule et unique condition qu'il m'accompagne. Ses bras se referment sur moi et je l'attire sous la douche. L'eau chaude est un renouveau, elle coule sur nous deux, sur ses beaux cheveux bruns, les yeux bleu a demi ouverts... craquant à souhait ce mari... Je me love contre lui, ses gestes sont puissants mais précautionneux, je l'embrasse d'une manière plus que fougueuse.
La douche devient alors un cocon de douceur, de parfum de gel douche, de vapeur, de chaud. On ne fait plus qu'un.

La plus belle douche d'une vie.

Il se retire, attrape sa serviette et file vers les placards où il sort un pantalon noir et sa chemise blanche. Paresseux je reste sous le jet d'eau encore un peu, même si ce n'est plus pareil sans le goût de ses lèvres. Je tourne le robinet et attrape à mon tour une serviette. Face à la glace je me rase puis me coiffe. En rentrant dans la chambre mon apollon est fin prêt. Je m'habille, c'est alors que j'entends le son d'une voix cristalline, quelque petit pas dans le couloir. Je regarde ma moitié, interrogateur. Lui, amusé, me décoche un sourire et un clin d'oeil qui me fendent le c½ur. « Il semblerait que les monstres soient debout. ». Puis s'éclipse. Je ne fais pas attention à sa remarque, encore trop absorbé par mon réveil qui fut juste magique. J'enfile un boxer, puis un jean.

Alors que je cherche un t-shirt à me mettre, je sens une légère pression s'exercer sur le pan gauche de mon jean. Je me retourne et une adorable bouille se présente à moi. Celle d'une fille de 6 ans en pyjama, de longs cheveux bruns semblable a ceux de mon époux, encore tout en bataille suite au réveil. « Dis tu feras des pancakes aujourd'hui ? On est dimanche ! ». Interloqué je reste la bouche ouverte quelques secondes. La voix suave retentit alors...

« Solène, laisse ton père un peu tranquille il n'a même pas eu le temps de finir de s'habiller. ».

Son père ? Elle s'excuse mais me demande de m'agenouiller pour me dire un secret. Je m'exécute, elle me souffle à l'oreille. « T'en feras quand même hein ? ». J'acquiesce par un hochement de tête, elle file à toute allure dans le couloir. Je me relève stupéfait, j'ai du mal à saisir. Mon mari se tient face à moi, en costume cravate, ce qu'il porte dans ses bras me fait étouffer un petit cri... un minuscule bébé.

« Ne me regarde pas comme ça, elle tient de toi à coup sur ! Et Alexis c'est pas mieux il vient de régurgiter le biberon sur ma chemise... encore ».

Il me tend le poupon qui gigote et gazouille de bon c½ur, pendant qu'il efface les dégâts causés sur le tissu de sa chemise. Une seule question absolument ridicule me vient alors à l'esprit.
« Chéri... ». Il grogne, et lève la tête vers moi « hmm oui ? ».
« Depuis quand je sais faire des pancakes moi ? » Il éclate de rire. « En tout cas si tu es doué en cuisine tu ne t'améliore toujours pas au niveau de la vaisselle ! ». Je me sens enfin soulagé... plus aucun doutes, on parle bien de moi là. Le poupon s'agite alors dans mes bras comme pour me rappeler qu'il existe. Il me fixe de ses petits yeux... bleu à nouveau.

Je le porte comme un ballon de rugby. Maladroit à souhait. Il tend une minuscule main dans ma direction, le geste me fait sourire, sourire qu'il me renvoi à la minute ou je lui offre mon index en guise de poigne « virile ». Mon homme prend la mouche. « Bien sur j'ai droit au vomi et toi au grand jeu de la séduction. ». Il se rapproche de nous, dépose un léger baiser sur le front d'Alex. « Allez mes hommes on va rejoindre la miss dans la cuisine avant qu'elle ne nous réclame a corps et a cri son petit déjeuner. ».

Je le suis, nous descendons un long escalier en bois blanc avant d'arriver dans un salon très lounge, un grand canapé confortable trône en plein milieu, face à un écran plat. Je ne sais pas comment on a pu se payer ça mais probablement pas avec ma paye d'infirmier... La petite Solène se trouve quelques mètres plus loin, dans le coin cuisine, assise sagement sur une chaise en rotin, les pieds se balançant dans l'air. Elle me gratifie d'un beau sourire. Les pancakes semblent déjà être faits. Je ne me demande pas comment, juste un soulagement apparaît dans mon esprit. Ouf, déjà ça en moins à faire... Je m'assois et contemple tout le monde entrain de manger.

La petite Solène se met du miel plein la figure et semble aimer ça. Oui... elle tient définitivement de moi. Sur ma droite, l'homme que j'aime (re)donne le biberon à Alexis, ce dernier faisant les gros yeux au plafond comme s'il avait vu quelque chose d'intéressant, mis a part la poutre en bois. Ma main passe dans la nuque de mon mari, il tourne la tête dans ma direction. Le soleil traversa la baie vitrée, lui et moi nous sommes contemplés mutuellement, fixant ce sans quoi nous étions incapable de vivre... L'autre.

Ma fille ayant fini son assiette, se lève, la pose dans l'évier et ouvre le robinet. Moi je n'avais même pas ce réflexe étant étudiant... elle me semble si grande. Soudain, au-delà du bruit du flot continu du robinet, mes oreilles perçoivent un bruit qui m'est familier... Je me lève légèrement depuis ma chaise pour pouvoir observer à travers la baie vitrée. Ce que je crois voir me décroche un sourire.

Je me lève, passe derrière l'homme de mes rêves en laissant brièvement glisser une main le long de son échine. C'est comme si à chaque fois que je devais m'éloigner de lui de quelques mètres j'étais obligé d'établir tout de même un contact. J'embrasse la tête de Solène avec ardeur, ses cheveux sentent bon, un parfum fleuri en tout cas. Je me dirige vers une petite porte vitrée que j'ouvre. Je me retrouve dehors, sur cette belle terrasse en bois, et face à elle... la plage... puis l'océan... Qu'il m'est familier ce bruit si délicat des vagues qui meurent sur le sable... Je descends les quelques marches en bois... Dans un cri joyeux Solène me rejoint et se met à courir sur la plage, sous un beau soleil et un ciel bleu... Je m'avance légèrement... Ce que je vis est intense... Mes yeux se plongent dans l'océan azur...

Je sens une étreinte derrière moi... « Lui »... Je libère le bras droit de mon époux du bel Alexis, afin qu'il puisse nous entourer de tous ses bras. Je sens ses baisers à la fois doux et sauvages se répandre sur mon cou... pendant que les mains du nourrisson s'agrippent de toute leur force aux miennes...

Je ne comprends pas ce que je fais là... J'ai l'impression de rencontrer ces gens pour la toute première fois, mais je sais une chose, Je les aime... D'un amour profond, indicible et inaliénable... Ils sont une partie de moi. Je ne sais pas comment l'expliquer, cela se ressentait juste. Comme si ces trois personnes étaient les incarnations de tout l'amour que je peux être capable de donner mais aussi de recevoir. J'ai aussitôt une petite boule de chaleur au fond du ventre, un bien être total... C'est donc ça être heureux ?

... comblé ?



Mes lèvres s'entre ouvrent, dessinent une expression de bonheur...Un sourire... Je regarde vers l'horizon... confiant...

Un rire, le plus beau qui puisse exister, retenti... celui d'un enfant... Un rayon de soleil... Puis...




Puis...



Puis...



Puis...




J'ouvre les yeux pour de vrai.




Et l'air est lourd, ma gorge sèche, Je reviens à la (dure) réalité.

Celle où l'amour est sale, parfois bafoué, tantôt trahi. Où les « fondements » du couple homosexuel semblent perdus entre ici et ailleurs. Où avoir la chance de pouvoir faire grandir un enfant, de l'élever dans le droit chemin nous est simplement interdit...

Une réalité que je connais, une réalité que bon nombre veulent oublier. Mais elle est . Une vérité qui me fait dire que l'on est mieux seul... Que l'on est toujours seul...

Et pourtant... J'ai ressenti pendant cette nuit un espoir...


I had a dream last night...

# Posté le samedi 18 avril 2009 19:30

22 ans sur cette jolie p'tite terre... What else?

22 ans sur cette jolie p'tite terre... What else?
Aujourd'hui, J'ai 22 ans ...

Ce ne sont pas les rides d'expressions qui se logent peu a peu sur mon front, ni la griffe de lion bien ancrée entre mes sourcils qui me font penser ça... mais... une chose est sure... Le temps passe... Il est partout autour de nous, il glisse dans nos mains, se ballade dans nos poumons, bat dans notre coeur, laisse une empreinte sous nos pas... le temps passe et l'on n'y pourra jamais rien. Je ne sais pas si ma 22ième année sur cette terre sera celle de la maturité, je sais pas... je ne pense pas... mais une chose est sure, chaque jours, heures, minutes, secondes qui passent, je veux les employer à vivre pleinement. Je vois tout autour de moi des gens disparaitre, juste s'éffacer aussi rapidement qu'un battement de cil, la mort, la maladie et toute ces conneries en tout genre.
Je ne l'accepte pas.
Non.
Je vivrais.

Je m'appelle Florent, j'ai 22 ans, et j'ai pas fini d'en faire voir de toute les couleurs!

# Posté le dimanche 22 mars 2009 10:33
Modifié le lundi 30 mars 2009 09:23